15/12/2008

Ici je t'aime

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Ici je t'aime.
Dans les pins obscurs le vent se démêle.
La lune resplendit sur les eaux vagabondes.
Des jours égaux marchent et se poursuivent.


Le brouillard en dansant qui dénoue sa ceinture.
Une mouette d'argent du couchant se décroche.
Une voile parfois. Haut, très haut, les étoiles.


Ô la croix noire d'un bateau.
Seul.
Le jour parfois se lève en moi, et même mon âme est humide.
La mer au loin sonne et résonne.
Voici un port.
Ici je t'aime.


Ici je t'aime. En vain te cache l'horizon.
Tu restes mon amour parmi ces froides choses.
Parfois mes baisers vont sur ces graves bateaux
qui courent sur la mer au but jamais atteint.


Suis-je oublié déjà comme ces vieilles ancres.
Abordé par le soir le quai devient plus triste.
Et ma vie est lassée de sa faim inutile.
J'aime tout ce que je n'ai pas. Et toi comme tu es loin.


Mon ennui se débat dans les lents crépuscules.
Il vient pourtant la nuit qui chantera pour moi.
La lune fait tourner ses rouages de songe.


Avec tes yeux me voient les étoiles majeures.
Pliés à mon amour, les pins dans le vent veulent
chanter ton nom avec leurs aiguilles de fer.

Pablo Neruda

(poèmes d amour/ une chanson désespérée )

http://www.pierdelune.com/neruda30.htm

 

21:40 Écrit par Baby dans poésie | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : amour, vie, regard, lune, etoiles, ame, baisers, songe |  Facebook |

05/12/2008

J'ai connu....

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J'ai connu une femme que je comprend peut être seulement vraiment aujourd'hui!

Elle avait un besoin fou d'exister,d'aimer,d'être aimée et ce désir l'emmenait bien trop souvent vers des histoires malheureuses et même dégradantes pour elle, au point ou parfois sa seule envie était de ne plus faire partie de ce monde.

Le temps passa avec ses moments de joies et de malheurs, un peu comme la pluie et le beau temps et dans son pays, il faisait plus souvent mauvais que beau tout comme dans sa vie bien évidemment.

Elle se résigna alors à ne vivre que pour elle et commença à apprendre à s'aimer elle même, à prendre soin de sa personne tout en étant qu'elle ne fermait aucune porte au monde extérieur que du contraire car elle regardait vivre les autres, elle les écoutaient et chemin faisant, elle apprenait la vie et sa sagesse qui parfois n'est pas toujours visible à l'oeil qui se ferme.

Un jour, c'est en écoutant qu'elle découvrit enfin le bonheur, et sans même s'y attendre, sans même y penser, sans même l'espérer elle su enfin que c'était possible et qu'il existait vraiment.

Depuis ce jour, elle le savoure à petite dose chaque instant et quel bonheur que de recevoir ce que l'on a tant donner sans forcer, mais tout naturellement parce que l'amour est vraiment présent et surtout partagé sincèrement.

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30/11/2008

Si tu m'oublies

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Si tu m'oublies
je veux que tu saches
une chose.


Tu sais ce qu’il en est:
si je regarde
la lune de cristal, la branche rouge
du lent automne de ma fenêtre,
si je touche
près du feu
la cendre impalpable
ou le corps ridé du bois,
tout me mène à toi,
comme si tout ce qui existe,
les arômes, la lumière, les métaux,
étaient de petits bateaux qui naviguent
vers ces îles à toi qui m’attendent.


Cependant,
si peu à peu tu cesses de m’aimer
je cesserai de t’aimer peu à peu.


Si soudain
tu m’oublies
ne me cherche pas,
puisque je t’aurai aussitôt oubliée.


Si tu crois long et fou
le vent de drapeaux
qui traversent ma vie
et tu décides
de me laisser au bord
du coeur où j’ai mes racines,
pense
que ce jour-là,
à cette même heure,
je lèverai les bras
et mes racines sortiront
chercher une autre terre.


Mais
si tous les jours
à chaque heure
tu sens que tu m’es destinée
avec une implacable douceur.
Si tous les jours monte
une fleur à tes lèvres me chercher,
ô mon amour, ô mienne,
en moi tout ce feu se répète,
en moi rien ne s’éteint ni s’oublie,
mon amour se nourrit de ton amour, ma belle,
et durant ta vie il sera entre tes bras
sans s’échapper des miens.


espace_002Pablo Nerudaespace_002


Traduction de

Ricard Ripoll i Villanueva

 

http://www.pierdelune.com/neruda10.htm

22:56 Écrit par Baby dans poésie | Lien permanent | Commentaires (7) | Tags : feu, amour, poesie, vie, bras, oubli |  Facebook |